Skravig
Carnac - Etel (en voiture), Barre d'Etel (5.9 km)

Ce matin nous traînons un peu dans Carnac.
A côté de notre logement nous entrons dans la petite galerie d'une céramiste que nous avions repéré le jour d'avant. Elle fait de beaux bols japonais et plein d'autre chose plus belles les unes que les autres, avec des émaux. On regarde, on discute avec elle. Elle s'appelle Sylvie. Douce et fine comme ses céramiques. Passionnée par son travail et touchée qu'on apprécie ses oeuvres. Finalement, on craque pour un magnifique bol japonais façonné pour la cérémonie du thé et deux petites tasses blanches, extérieur rugueux et intérieur lisse vert céladon. Impossible de porter tout cela dans nos sacs à dos... mais Sylvie nous enverra les merveilles choisies par la poste.
Plus tard, on passe devant l'Eglise du bourg. On entre, l'Eglise est pleine et la messe va juste commencer. Le curé parle à tout ce monde avec des mots simples. Il semble être proche des gens et accorder de l'importance à la pédagogie. Après une heure, la foule glisse tranquillement de l'Eglise aux cafés alentours. Il y a une belle lumière, il fait beau. Nous suivons le mouvement...

On se dit qu'on va essayer de trouver quelqu'un pour faire Carnac-Etel en voiture car ce segment n'est pas très intéressant.
Chance! En discutant dans une boutique où Sandrine a repéré une jolie jupe, la vendeuse, Marry, nous dit qu'elle ferme dans 30 minutes et se rend à Etel. Hasard: c'est la copine de Sylvie, la céramiste de ce matin! Elle nous apprend que Sylvie est une ancienne grande pointure de la médecine homéopathique, qui a quitté le métier pour se consacrer à la création. Grâce à Marry et son tapis volant nous sommes en un éclair à Etel. Au lieu... d'une journée de marche.
Après avoir déposé nos sacs à notre petit airbnb nous partons pour voir la fameuse barre d'Etel.







Le courant dû à la marée est fort dans la rivière. Des sternes (skravig en breton - je connais ce mot car au mois de mai j'avais un bateau à Paimpol qui le portait) virevoltent puis plongent verticalement, frappent l'eau puis redécollent immédiatement en poussant des cris "criii...criii...criii". Splasch and go. Et elles recommencent, inlassablement. Cela n'est pas un jeu: elles pêchent! Sternes, mini Fous de Bassants aux ailes taillées à la serpette.







Aujourd'hui l'océan est calme.

Mais, la barre d'Etel peut être dangereuse selon la marée et le vent. Alain Bombard y chavira dans les années 60 ainsi que le bateau venu le secourir... Un mât de Fenoux a été construit pour aider les navigateurs. Le mât dispose d'une grande flèche perchée en haut. Flèche horizontale, le passage est jugé trop dangereux. Flèche vers le haut, le passage est ouvert sans restriction. Il y a également un drapeau rouge: pas assez de hauteur d'eau - le passage est praticable seulement autour de la pleine mer. Et une boule noire: passage interdit pour les petits navires. Le gardien du sémaphore observe la position du banc de sable et guide les navigateurs. Le dernier gardien permanent était une gardienne, Josiane Péné - seule femme gardienne de sémaphore civil. Elle a pris sa retraite après 40 ans de service.
Même la RTS connaît Josiane:
