TGV
St. Ursen - Lorient (1111km / 11h)
On passe de la double crème au pur beurre en alternant entre 30 et 300 km/h. Le TGV qui devait passer par Paris est annulé pour cause de petite grève locale, par chance Hamid trouve vite une alternative par Lyon.


Départ de chez nous à 7h03, on se laisse bercer à 120 km/h par l'intercity confortable jusqu'à Genève. Armés d'un café, on s'entasse dans le traquelet (pour les français : le tortillard) qui nous secouera avec force grincements, à 30 à l'heure, jusqu'à Lyon. Enfin dépliés, un petit bain de foule pour changer de quai, et on apprécie le TGV qui semble voler sans bruit à travers la campagne.
On fonce à plus de 300 km/h, mais ce n'est pas assez, le retard s'accumule. A chaque arrêt une voix qui se veut apaisante annonce les relations alternatives, accompagnée des soupirs bruyants de ceux qui arriveront du coup tard ce soir à Arcachon ou Bordeaux. Le suspens monte, 25 min de retard, c'est le temps que nous avions pour changer de train à Rennes. Le haut parleur annonce qu'il nous attendra. Une toute petite dame de 80 ans, au regard vif, qui semble échappée du film Louise en hiver avec son petit costume années 30, canne et canotier, se réjouit avec nous. Mais elle craint de ne y arriver au petit trot avec sa valise à roulettes. Nous faisons équipe pour surfer sur les escalators, trouver la descente vers le quai cachée derrière les kiosques à journaux et la nourriture à emporter, et sauter dans la porte ouverte juste avant que le train démarre. On se sépare sur des sourires complices. Encore une heure de secousses et on met pied à terre à Lorient, comme tombés de la lune...

On a eu le temps de repérer un concept intéressant pour reprendre pied: une poissonnerie restaurant, où nous découvrons le maigre, un poisson à la chair bien grasse typique de la côte Basque, qui remonte depuis peu jusqu'en Bretagne avec le réchauffement.